Dr. Alexander Kunsky

Neurochirurgie

Chirurgie mini-invasive du rachis

Myélopathie : comprendre l’atteinte de la moelle épinière

Qu’est-ce qu’une myélopathie ?

Une myélopathie désigne une atteinte du fonctionnement de la moelle épinière, qui transmet les informations entre le cerveau et le corps. Elle peut avoir différentes causes. Cette page concerne principalement la myélopathie cervicale dégénérative : une compression de la moelle au niveau du cou, liée aux modifications de la colonne vertébrale. Lorsqu’elle est associée à l’arthrose cervicale, on parle aussi de myélopathie cervicarthrosique. Elle peut perturber les mouvements des mains, la marche et l’équilibre, même lorsque la douleur cervicale est peu importante.

Pourquoi la moelle épinière peut-elle être comprimée ?

Plusieurs modifications peuvent réduire l’espace disponible dans le canal cervical :
  • L’arthrose : des excroissances osseuses peuvent empiéter sur le canal.
  • Les disques intervertébraux : leur déformation ou une hernie discale peut comprimer la moelle.
  • L’épaississement de certains ligaments : il peut contribuer au rétrécissement.
  • Un canal naturellement étroit : il laisse moins de place à la moelle.
Une arthrose cervicale ne provoque pas systématiquement une myélopathie. Le diagnostic repose sur les symptômes, l’examen neurologique et l’imagerie.

Quels symptômes doivent attirer l’attention ?

Les signes peuvent apparaître progressivement et sembler discrets au début :
  • Une maladresse des mains : difficulté à boutonner un vêtement, écrire ou manipuler de petits objets.
  • Des fourmillements ou un engourdissement : dans les mains, les bras ou les jambes.
  • Une faiblesse ou une lourdeur des membres.
  • Une marche moins assurée : jambes raides, difficultés à se déplacer ou chutes.
  • Des troubles de l’équilibre et de la coordination.
Des troubles urinaires ou intestinaux peuvent également survenir. Ces symptômes ne doivent pas être attribués simplement à l’âge.

Quand consulter rapidement ?

Une maladresse nouvelle des mains, des troubles de la marche ou une faiblesse progressive nécessitent un avis médical rapide, même sans douleur importante. Une prise en charge immédiate est nécessaire en cas de :
  • Faiblesse importante ou rapidement progressive d’un bras ou d’une jambe.
  • Difficulté soudaine à marcher ou aggravation rapide de l’équilibre.
  • Difficulté nouvelle à uriner ou perte du contrôle des urines ou des selles, notamment avec d’autres signes neurologiques.
Contactez immédiatement les services d’urgence dans ces situations. N’attendez pas un rendez-vous de consultation.

Comment confirmer le diagnostic ?

Le médecin évalue la force, la sensibilité, les réflexes, la précision des gestes et la marche. L’IRM cervicale est l’examen de référence pour visualiser la moelle et rechercher une compression. Des radiographies ou un scanner peuvent compléter le bilan, notamment pour étudier les structures osseuses. Une compression visible à l’IRM ne suffit pas, à elle seule, à établir une myélopathie : les images doivent être confrontées à l’examen clinique.

Quels traitements peuvent être proposés ?

La prise en charge dépend de la cause, de la sévérité et de l’évolution des troubles.

Dans certaines formes légères

Après un avis spécialisé, une surveillance rapprochée et une rééducation encadrée peuvent être proposées. Toute aggravation neurologique impose une réévaluation. Les médicaments peuvent soulager certaines douleurs, mais ils ne suppriment pas une compression mécanique de la moelle. Les manipulations cervicales forcées doivent être évitées en cas de compression médullaire.

Quand envisager une opération ?

Une décompression chirurgicale est généralement recommandée pour les formes dégénératives modérées à sévères, ou lorsque les troubles neurologiques progressent. L’objectif principal est de limiter l’aggravation. Une amélioration peut survenir, mais la récupération complète n’est pas garantie. Selon la localisation et l’étendue de la compression, l’intervention peut comprendre :
  • Le retrait d’un disque ou d’éléments osseux compressifs.
  • Un élargissement du canal cervical, par laminectomie ou laminoplastie.
  • Une stabilisation par arthrodèse, lorsque cela est nécessaire.
La technique, les risques et les bénéfices attendus sont discutés individuellement.

FAQ sur la myélopathie

Quelle différence entre myélopathie et radiculopathie ?
La myélopathie concerne la moelle épinière. La radiculopathie concerne une racine nerveuse et peut provoquer une douleur, un engourdissement ou une faiblesse dans son territoire. Les deux peuvent coexister.
Oui. Les difficultés à marcher ou à utiliser les mains peuvent être au premier plan. Une douleur faible n’exclut pas une atteinte neurologique importante.
Oui, si elle comprime la moelle et perturbe son fonctionnement. D’autres hernies n’affectent qu’une racine nerveuse ou ne provoquent aucun trouble neurologique.
Elle peut accompagner certaines formes légères sous surveillance spécialisée. Elle ne libère pas mécaniquement la moelle et ne doit pas retarder une intervention lorsqu’elle est indiquée.
La récupération varie selon la sévérité et l’ancienneté des troubles. L’intervention vise avant tout à prévenir leur aggravation. Certains symptômes peuvent s’améliorer, tandis que d’autres peuvent persister.

En savoir plus

Pour approfondir les affections et les techniques évoquées sur cette page :
  • Hernie discale : comprendre et agir
  • Hernie discale : symptômes et signes d’alerte
  • Laminectomie
Ces signes sont rares mais importants à reconnaître.
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